Créations
Le Loup
Solo chorégraphique – 2023
Un corps seul, face à sa zone d’ombre.
Dans un espace sculpté par la lumière, l’interprète traverse les territoires de l’instinct, là où la maîtrise cède, où quelque chose résiste, puis lâche.
Le son tient lieu de forêt. Le corps, de passage. Une pièce qui ne raconte pas, qui transforme.
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Note d’intention
Il y a des corps qui savent des choses que l’esprit refuse d’admettre. Le Loup part de là.
Non pas de l’animal comme figure, mais de ce qu’il active : une mémoire archaïque, enfouie sous les couches du contrôle et du langage. Quelque chose qui ne se laisse pas entièrement civiliser. Quelque chose qui persiste, dans la chair.
Un corps qui se transforme de l’intérieur, sans contrôle.
Un corps habité par ce qui le dépasse et le reconfigure.
Sur scène, l’espace est minimal.
Ce qui agit, c’est le son : organique, dense, envahissant, qui ne souligne pas le mouvement mais le provoque.
La lumière ne montre pas, elle découpe, révèle par fragments, ouvre des zones d’apparition et de disparition.
Pris entre ces forces, le corps cherche, résiste, cède.
Il s’altère progressivement.
Pas dans une métamorphose spectaculaire, mais dans un glissement : un geste qui se déplace, une présence qui se transforme.
Le Loup ne raconte pas une histoire.
Il propose une traversée. Celle d’un corps qui accepte d’être traversé par ce qui reste indompté.
Pour le spectateur, c’est une expérience sensorielle et intime :
la sensation que ce qui se passe sur scène se passe aussi dans son propre corps.
Processus
Écrite durant le confinement de 2020, Le Loup naît d’une solitude traversée, d’un temps suspendu propice à l’introspection. En 2021, la pièce reçoit la confirmation de deux résidences prometteuses : l’une au PimOff à Milan, l’autre au lieu Bizarre de Vénissieux; deux opportunités qui ouvrent des horizons nouveaux pour la production.
En décembre 2021, la phase de recherche débute à Tunis, à la Cité de la Culture, avant de se poursuivre au lieu Bizarre de Vénissieux au début de l’année 2022. C’est à Milan, cependant, que le corps essentiel de la pièce prend forme, porté par l’accompagnement musical de Léo Libanga et une création lumière qui découpe l’espace avec précision.
En 2022, le processus de création se teinte d’une contrainte physique inattendue : l’interprète Margot Libanga est enceinte. L’équipe choisit de poursuivre la création et d’accueillir cette grossesse comme un biais assumé, un outil dramaturgique à part entière. Milan voit ainsi se croiser une grossesse, deux ateliers proposés aux publics – adultes et enfants – et une présentation de résidence. Le festival ShakeIt! organisé par La Mâchinerie, Vénissieux, permettra au projet de vivre une dernière sortie de résidence au Théâtre de Vénissieux, avant le congé maternité de l’interprète.
C’est en 2023, à l’issue d’une résidence de reprise après le congé maternité, que l’équipe engage une tournée.Celle-ci débute en Tunisie par le passage dans deux Centra d’Arts Dramatiques et Scéniques (El Kef et Jendouba) pour leurs festivals respectifs, puis un passage à la capitale Tunis au Théâtre El Hamra pour le Festival Carthage Dance. Enfin, un passage en Allemagne, au Deutsches Theater Göttingen lors du Festival CAPAS sera une première étape européenne où l’équipe souhaite poursuivre la diffusion de cette pièce.
Distribution
Chorégraphie, mise en scène, création lumière : Larbi Namouchi
Conception, performance, voix : Margot Libanga
Compositeur, ingénieur son : Léo Libanga
Animateur vidéo : Thomas Libanga
Inspiration, texte : « The Wolf’s Eyelash » Clarissa Pinkola Estes
Partenaires & soutiens
Partenaires : La Mâchinerie Vénissieux – Bizarre x Théâtre de Vénissieux – Festival Shake It !; Cité de la Culture de Tunis ; La Barge – Morlaix, Centre Culturel le Cap – Plérin ; L’Estran – Binic-Etables-sur-Mer ; CADS El Kef (24h-du-théâtre-non-stop) / Jendouba, Tunisie ; Festival Carthage Dance 2023, CAPAS Festival 2024
Coproductions : La Mâchinerie Vénissieux – Bizarre x Théâtre de Vénissieux, Pim Off Citofonare Milano
TERMS & CONDITIONS*
Duo féminin franco-britannique – 2021
Hollie Dorman et Margot Libanga s’avancent sur le plateau : deux voix, deux corps, deux vérités; pour revendiquer, dans un mouvement d’aller-retour entre conditionnement et liberté, leur pulsion de vie. Ancrées dans la pensée de Sylvia Federici, elles se meuvent en miroir et en contrastes, portées par une basse souterraine qui les pousse à se déshabiller de leur rôle et à se révéler.
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Note d’intention
Deux femmes. Deux vérités.
Hollie Dorman et Margot Libanga s’avancent sur le plateau. Deux voix, deux corps, deux manières d’habiter le monde.
Mises en lumière, elles dévoilent leurs réalités, leur rapport à l’être simple, au corps sincère, à soi. Dans un mouvement d’aller-retour entre conditionnement et vérité, entre l’écran du téléphone et la solitude qui s’y loge, ces femmes de chair et d’os revendiquent leur pulsion de vie.
Les deux protagonistes vacillent : entre le jeu qui leur est imposé et l’état de corps qu’elles cherchent à habiter pleinement. En sons, en silences, en mouvements, elles se meuvent en miroir et en contrastes, complices et distinctes, ensemble et seules.
Ancrées dans la pensée de Sylvia Federici (Par-delà les frontières du corps), Hollie et Margot convoquent le vivant. Elles questionnent : quelle danse permet de se réapproprier son corps ? La physicalité devient ici un rappel au réel, une résistance, un retour à soi par les sensations.
Les rollers et le script posent les premières conditions de la pièce, un cadre, une apparence. Mais c’est en les quittant que naît la véritable rencontre : face à face, les deux femmes découvrent leurs corps, cette chair vibrante et commune.
La création sonore et vocale se construit en direct sur le plateau, en écho à l’enregistrement. Une basse souterraine, une vague incessante , cette pression du son poussera les protagonistes à se déshabiller de leur rôle, et à se révéler.
Distribution
Chorégraphie, interprétation : Margot Libanga
Texte, interprétation : Hollie Dorman
Compositeur : Léo Libanga
Oeil extérieur, mise en scène : Larbi Namouchi
Inspiration : Par delà les frontières du corps, Silvia Federici
Partenaires & soutiens
Partenaires : Désoblique – Théâtre le Croiseur – Festival Impulsion – Lyon
Résidences : Théâtre le Croiseur, Studio Chatha, TNG Vaise – Lyon
Soutien : DRAC Auvergne-Rhône-Alpes
Adamah
Solo – 2019
Nourrie par la pensée d’Ibn Arabî et d’Al-Fârâbî, cette métamorphose chorégraphique suit un être qui se dégage de sa gangue, s’approprie l’espace et déconstruit les apparences pour toucher à quelque chose d’universel. Adamah – la terre, le vivant – est un retour au point de départ de l’espèce humaine.
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Note d’intention
Adamah prend sa source dans la terre, matière première de l’humanité.
Non pas la terre comme décor, mais comme état. Comme ce dont nous sommes faits et ce à quoi nous résistons.
La pièce part du mythe d’Adam, façonné à partir de l’argile rouge, pour interroger ce que ce geste originel dit encore de nous : des êtres en transformation permanente, porteurs d’une mémoire toujours active dans le corps.
Adamah naît d’un constat d’effondrement : écologique, spirituel, civilisationnel.
Elle traverse l’idée d’une humanité qui a perdu le fil. Pas pour s’y arrêter, mais pour imaginer autre chose : un retour à une relation sensible au vivant, à la terre, à l’autre.
Sur scène, le corps est cette argile.
Il respire, se modifie, résiste, s’effondre, se reconstruit.
Le mouvement s’inscrit dans un espace presque rituel, où le geste ne raconte pas, il traverse des états.
Le son agit comme une matière active, perturbant ou soutenant le corps, créant une tension entre contrôle et abandon.
Adamah est une introspection incarnée.
Un retour à l’origine non pas comme nostalgie, mais comme élan, pour inventer une suite possible, et faire du corps un espace de réinvention poétique.
Processus
Adamah s’est construit à partir d’une recherche autour du corps comme matière vivante.
Le point de départ est simple : revenir à un état premier.
Un corps non pas comme forme maîtrisée, mais comme matière en transformation, à l’image de l’argile.
Le travail s’est développé par phases, entre résidences et expérimentations : en France, en Tunisie, en Suisse et en Grèce.
Chaque territoire a déplacé quelque chose : une autre relation à la pesanteur, à l’espace, au silence.
Le processus s’est appuyé sur des états physiques précis : ralentissement, suspension, densité, effondrement.
Des états où le mouvement ne cherche pas à produire une forme, mais à laisser apparaître des transformations.
La dimension rituelle s’est imposée progressivement.
Non comme une esthétique, mais comme une nécessité : créer un espace où le corps peut devenir mémoire, traversé par des couches invisibles.
Le travail sonore accompagne ce processus comme une matière active, venant perturber, soutenir, déplacer l’état du corps.
Adamah est né de cet aller-retour constant entre le corps et ce qui le dépasse, la terre, le vivant, la mémoire.
Non pour y trouver des réponses. Mais pour laisser la question traverser le corps.
Distribution
Chorégraphie, mise en scène, composition, interprétation : Larbi Namouchi
Inspirations : La Cité vertueuse d’Al-Fârâbî & L’Arbre voyageur d’ Ibn Arabî
Partenaires
Résidences
Dansomètre Vevey, Suisse; Théâtre le Croiseur, Lyon France & Festival Impulsion Novembre 2019 Lyon (sortie de résidence)
Résidence à La Cité de la Culture de Tunis, Tunisie; Résidence à la Mâchinerie, Vénissieux ; Résidence à Dance and Performing Arts Center Akropoditi, Syros, Gréce + sortie de résidence
Kulankuhlana
Duo – 2017
Kulankhulana est né d’une recherche menée entre différents contextes culturels, notamment au Maroc en 2017.
À partir de l’observation des interactions dans l’espace public, la pièce explore les dynamiques de communication entre les corps.
Entre répétition et transformation, elle construit un espace de dialogue en mouvement, où la relation devient matière chorégraphique.
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Note d’intention
Kulankhulana – « communication » en chichewa, langue d’Afrique centrale – pose d’emblée une conviction : la communication est au cœur de toute activité humaine, et c’est dans ses failles, ses élans et ses silences que se révèle le vivant. Cette pièce est un témoignage chorégraphique de réalités multiples, une réflexion physique faite de fragments d’histoires : un espace ouvert aux métaphores fluides, en attente de sens.
Sur le plateau, deux interprètes se rencontrent, se poursuivent, se ressemblent, s’appellent et se répondent. Parcourant sans fin le même circuit, elles inventent un chemin à mesure qu’elles l’empruntent et la moindre différence devient événement. Leurs rencontres dessinent des sphères privées et publiques, des zones de friction et de résonance où les connexions naissent autant qu’elles se défont.
La création a pris racine lors d’une première résidence à l’Institut Français de Tanger en novembre 2017, avant de se développer à Lyon au CND et à la Dampfzentrale de Berne en 2018. L’intensité des environnements traversés, la complexité des cultures rencontrées, leurs contrastes et leurs tensions ont constitué des impulsions décisives pour l’œuvre.
Car Kulankhulana ne s’intéresse pas seulement à la communication entre les êtres, ni même entre l’auteure et l’interprète: mais à quelque chose de plus vaste : la société, la spiritualité, l’environnement, et par-dessus tout, l’imaginaire comme premier territoire du dialogue.
Distribution
Chorégraphie, mise en scène, interprétation : Simea Cavelti & Larbi Namouchi
Univers sonore : Larbi Namouchi
Partenaires
Résidences : Institut Français de Tanger, Maroc; CND Lyon, France; Dampfzentrale, Bern, Suisse
Photos : Le Loup : Carthage Dance 2023 & Luca Del Pia | TERMS & CONDITIONS* : Claire Dufféal | Adamah : Garance Li | Kulankuhlanah : Christian Glauss















